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mercredi 18 avril 2018

Leonardi' fill in and stuff

 En juillet Panini va, enfin, sortir une compil vf du trop peu reconnu run de Nocenti/Romita Jr/Williamson sur Dardevil
J'aurai probablement la faiblesse de le prendre (objectif : 10 versions différentes de ce run?)
Mon interrogation est : les fill in/bouche trous seront-ils présents? Entre le 250 et le 282 il y en a eu 3 : le 258 moins mal dessiné qu'à son habitude, par Ron Lim, le 264 assez vite torché par un vieux génie (Ditko) et celui ci, le 277
Le vraiment trop peu reconnu Rick Leonardi (est ce que d'autres blog que le mien le citent régulièrement?) avait dessiné deux superbes numéros introduisant ceux de JR (les 248/249) mais il a aussi permis à JRjr de respirer le temps de ce 277. Excellent intermède. Al Williamson garde la boutique à l'encrage et Ann Nocenti confirme qu’elle était bien la meilleure scénariste de l'époque.
Avec une séquence statique Leonardi montre comment ne pas ennuyer le lecteur en baladant son regard, en variant les plans, les champs/contrechamps... Comme Romita Jr, Leonardi n'est pas le meilleur dessinateur du monde, techniquement, mais c'est un excellent narrateur

 Au passage, Nocenti se paie les psy (le gars n'écoute pas sa patiente), les patientes riches et gonflantes, puis elle passe sur la très attachante héroïne souffrant d’une psychose...
 psychose permettant à la scénariste de s'amuser avec une vision des vendeurs d'art
J'allais oublier, le magnifique noir et blanc de la couv RL/AW

Pour finir, j'ai trouvé ce texte, d'époque, de la main de celui qui devait prendre la relève, ou devrais je dire, la mission suicide consistant à devenir scénariste de DD après Miller/Born Again, Steve Englehart. Des soucis avec Marvel font qu'il n'a fait qu'un épisode et que la géniale Nocenti a pris le job.
Amusant de voir que Nocenti va également le faire partir de NY (mais pas de suite) qu'elle a aussi changé les persos qui accompagnent Daredevil..
Le faire aller à San Francisco pourquoi pas (déjà vu avec Stan Lee..) mais alors l'idée que DD rejoigne ...les Vengeurs de la coût Ouest!!! Au secours!

lundi 16 avril 2018

MJ, définition de LaRousse

 L'image ci dessus m'a donné envie de faire un focus sur la compagne de Peter Parker. Si pour les plus vieux d'entre nous/vous Gwen est LA nana de Peter, pour la majorité c'est Mary Jane, la rousse incendiaire avec qui il fut marié puis pas marié (sans divorce, usa oblige,  mais "grâce à Mephisto"...)
C'est un vieux dessin de Eric Larsen. A l'époque les perso devaient être "on model" alors le directeur artistique, John Romita, a refait la tête.
Larsen tout seul, des années plus tard, faisait souvent de MJ une sorte de bimbo
 axant souvent ses plans de façon...choisie
 Il allait parfois trop loin, comme avec le dessin à gauche, sans glamour ni élégance
 avant lui McFarlane était un peu plus subtil (mais guère)
 
 Cette scène, en off, était bien faite pour titiller le lecteur ado
 se rapprochant de celle ci, plus légère, dessinée par Sal Buscema
 Mais revenons à l'essentiel : MJ, c'est avant tout John Romita, et cette première apparition, mythique
 bien des hommages lui furent rendus, comme celui de Bruce Timm
 même le fiston lui donne une attitude proche de nombreuses années plus tard
Avant cette première scène, il fut question de MJ, mais sans jamais la montrer. Steve Ditko souhaitait ménager un suspens,et du coup plusieurs scènes nous la  présentent, sans jamais montrer son visage, ce qui était assez brillant
 
 
 JRjr, dans les années 90, a fait ce "model sheet" bien daté aujourd'hui
 De nombreux artistes ont donné leur version de notre belle rousse, je n'en montre que deux versions sexy, par le roi des good girls art Adam Hughes et le pro de l'anim, encore lui, Bruce Timm.
 
 J'ai bien aimé la vision de Marcos Martin, avec du sexy et de l'élégance
 Tim Sale a, je trouve, bien repris l'essence du personnage
 Sur cette illu, le très bon Chris Samnee est totalement dans le ton John Romita
 ce que nous prouve le maitre avec ce crayonné relativement récent de la belle aux fossettes
 Pour finir, je ne connaissais pas cette couv originale, retournant la situation d'origine

vendredi 13 avril 2018

DK II Noir

 Comme prévu, je fus faible
J'ai commandé/reçu et lu la version noir et blanc du Dark Knight Strikes Again (pas cette couv)
Il en a été question, ici, en septembre dernier
Je confirme que le re(re) lecture est loin d'être désagréable, d'autant que sans les couleurs psychédéliques/pop qui piquent la redécouverte des planches est relle et non parasitée. D'autant plus que certains effets photoshops faisaient quasi disparaitre le dessin. 
Des bouts de scénar partent un peu en vrille mais on retrouve aussi pas mal du ton du 1er Dark Knight et le tout est très cohérent, voire agréable.
Bien sur par endroits il y a pas mal de vide/blanc, on sent que des pages/cases furent pensées pour la couleur mais Miller est bon, et des pages sautent aux yeux.
J'avais montré des repro de planches originales donnant donc une idée précise du rendu du livre.
En voici d'autres
 Il y a un peu plus de cartoony que dans le 1 mais n'oublions pas qu'il y en avait aussi un peu dans le 1 qui n'était pas que sombre et sérieux
A propos de "pas sérieux", Miller est capable de s'amuser avec sa propre prod, sous forme de clin d'oeil
Dans ce DK 2 il donne cette attitude à un Superman sérieux face à sa fille...
 Ailleurs, Sup se prend un vent avec un Batman, qui lui "pique son rocher"...
un rocher, et une attitude, faisant clairement référence à cette séquence du DK 1
 dont voici une repro de la planche originale

Il y a, dans ce DKSTA Noir, des pages très aérées, des pages simples, des plus complexes... et des gaufriers bien denses
 
J'ignore quand Urban en fera une vf mais je ne regrette pas du tout mon achat, espérant même qu'une version du DK III arrive prochainement sous cette même forme.
En conclusion, une petite photo un peu floue pour vous donner une idée de la différence, de taille et de contenu

mercredi 11 avril 2018

Splash page

 Lorsque Klaus Janson m'a envoyé ce magnifique dessin, pour la couv d'un numéro de Scarce rendant hommage à Will Eisner pour sa disparition, il y a déjà 13 ans, je me souviens qu'il m'avait écrit quelque chose comme "je voulais montrer la réaction du Spirit apprenant la mort de son créateur de la bouche de la fille de Dolan".
 Il a donc raconté une histoire en une seule image. 
Et c'est précisément ce que faisait Eisner, dès les années 40, avec ce qu'il a popularisé : la splash page. Une pleine page ouvrant une histoire. On lui a souvent demandé d'où venaient ces idées géniales de première pleine page du Spirit racontant tant de choses : de la contrainte répondait-il. Il n'avait que quelques pages (7 en général) pour son histoire. Il n'allait pas en gâcher une avec une page titre ne racontant rien.
Il en a souvent mis plein la vue avec ces splash
 Parfois il démarrait carrément son histoire, avec cases et bulles
 Il jouait avec des fonds qui, à leur manière, donnaient déjà plein d'infos au lecteur
 
 Assez régulièrement il y avait une grande image, impressionnante et posant le décor, avec des infos en colonne à côté
 
 Il utilisait aussi de temps en temps cette place "juste" pour poser une ambiance, et accrocher le lecteur
 Des astuces brillantes lui permettaient également d'aller plus vite, techniquement
 Celle ci est magistrale de part sa "simplicité" et son exécution
 En plus d’être un narrateur hors du commun Eisner était aussi un virtuose du dessin, alors il y a des splashs qui sont tout simplement des merveilles de dessin
 Et pour finir en dessin, n'est-il pas beau ce Spirit made in Thierry Martin!?!!

lundi 9 avril 2018

Blind Justice

 Le code moral, la dichotomie d'un personnage avocat/vigilante... sont des choses qui m'ont toujours fasciné chez Daredevil
Miller, avant d’être de plus en plus réac (donc avant  le 11 09 2001) proposait souvent de belles pistes de réflexion
Un exemple avec cette scène (qui vient conclure une séquence "pompée" sur Eisner, mais c'est une autre histoire). DD ne laisse pas son ennemi mourir
 Mes entrées sont souvent liées à une découverte graphique. Ici c'est la suite, en beau noir et blanc,  de la scène précédente. Miller donne à DD un discours sur la justice, bien senti et cohérent. La réponse de Manolis est glaciale, lapidaire, sans appel. Avec le recul on peut penser que Miller se placerait plus "chez Manolis" mais à l'époque il n'en transparait rien. Il énonce deux discours, deux faces. Le propre des grands scénaristes
 Quelques temps plus tard, il semblerait que DD ait intégré le discours de son contradicteur
 s’éloignant encore davantage du code moral énoncé, en ayant recours au chantage avec le Caid ("je te rends ta femme si ton politicien corrompu démissionne")
 Pour finir sur du dessin pur : 3 crayonnés de Miller utilisant la même diagonale, et une compo proche.
Miller pousse le crayonné, que Janson encre. Un peu raide au final
 Miller seul, dans un rendu préfigurant le Sin City à venir
 Enfin, un crayonné probablement plus succinct, sur lequel Janson met plus sa patte (et je préfère ce dessin au premier montré)
 Conclusion en clin d'oeil à la case d'entrée de ce post. Joie des lecteurs non anglophones en découvrant, enfin, grâce à Fershid Bharucha, une version non charcutée du chef d'oeuvre Born Again