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mercredi 1 mars 2017

Les grosses commissions de Miller

 Je fus, et resterai d'une certaine manière, fan du boulot de Frank Miller. Des années de "traumatismes narratifs" ne cessent pas d'un coup
Mais quand même...
Je peux défendre, à l'occasion, son nouveau "style", comme la couv ci dessus que je trouve percutante et efficace
Mais sur les commissions/commandes privées, on est dans un foutage de gueule qui s'approche d'une forme d'art
Le format est en général 20/30 us (soit bien supérieur à du A3 Fr)
Les prix sont TOUS supérieurs à 9000 usd!!!
les gens paient le nom, certes, mais...argh

Pas le pire dessin de tous
 idem, même si simpliste
 léger souci de proportions non?
 Pas horrible, mais à ce prix là il pourrait peut être finir de remplir en noir, histoire que la com encadrée ait de la gueule
Au secours!
 Et celle ci est probablement la pire, technique et mauvais goût confondus (j’imagine qu'il est amusant, pour lui, de lancer son flacon d'encre en l'air pour un effet, raté, un poil répétitif à la longue)
 Certainement la plus intéressante com du lot, mais il vous faudra débourser...20 000 usd!!!!!!
 Juste pour dire que je ne suis pas contre les effets "faciles" d'encre projetée... en inversion/blanc sur Holy Terror le résultat me plaisait
 De la même manière, ses délires sur des pin ups pouvaient être funs, quand réalisés avec plus de tenue (graphiquement)
 Quant à sa volonté actuelle d’abandonner le pinceau pour la plume, pourquoi pas, mais le contraste des deux, comme chez Janson, était l'une de ses forces. Rappelez vous de ce one shot, Family Values, avec un perso traité en "dead line"/plume, et d'autres au pinceau. Top
Miller a des projets (tant mieux) mais j'espère qu'il se montrera plus convaincant que sur ces travaux de commandes aussi lucratifs que moches

12 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Laurent Lefeuvre a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Laurent Lefeuvre a dit…

Argh !
Décidément... je n'arrive pas à poster mon commentaire.
3ème essai :

Comme pour toi, Miller est un génie. Mais l'être humain s'est brûlé, et le génie en a pris un coup. Pour le meilleur, j'aime la page de Sin City, avec la guerrière au sabre endormie sur la banquette arrière. Quant au pire, de l'autre côté du spectre (Elektra, avec "Matt" tatoué sur la cuisse... Si j'étais mauvaise langue, je te dirais :

"Ok, Phil, mais tu sais, ça coûte cher, la drogue."

Philippe Cordier a dit…

T'as vu je dis du mal de Miller :)

Laurent Lefeuvre a dit…

Qui aime bien châtie bien.

C'est de bonne guerre.

Franck Jammes a dit…

Pourquoi on disait du mal de Rob Liefield au juste ?

Philippe Cordier a dit…

Incomparable (sauf mauvaise foi:) des ratés ponctuelles, et une carrière basée sur ces ratés

Guillaume Cousin a dit…

Je salue le titre de l'article, tout à fait conforme à l'impression laissée par le contenu présenté.

Après 300, ce que Miller a fait est juste indéfendable.

Dommage. Nous nous sommes tant aimés.

Johann a dit…

Je ne parlerai pas du peu qu'il fait sur DK III (qui me fait effectivement mal au coeur même si je lui souhaite de tout coeur de récuperer une santé d'acier et de repartir sur de vrais projets personnels) mais Strikes Again me semble au contraire tout à défendable (même si je ne prétend pas pouvoir être convaincant, mais quelqu'un comme Yan Graf a écrit des choses très interessantes dessus). Il y a vraiment une énergie et des ellipses qui me font à chaque fois penser au cinéma de Tsui Hark (et aussi bien dans ses fulgurances que ses ratés) et je prend toujours un plaisir dingue à le lire.
Idem pour Holy Terror. Je comprend tout à fait les réticences (même si beaucoup de reproches qui visent uniquement le fond me semblent parfois plus être une question de point de vue et/ou mécompréhension, lire à ce titre l'excellent bouqui de Jim Lainé ou même l'article de Xavier Fournier présent sur le site Comic Box, je maintiens que je le trouve beaucoup moins simple/con qu'il n'y parait mais ce n'est que mon avis et je ne prétend pas avoir la science infuse) mais en ce qui me concerne c'est toujours un petit electrochoc 5 ans après (et c'est le comics qui m'a finalement décidé à non seulement passer le cap de la VO, mais également commencer ma collection de bande dessinée alors que, gros lecteur, je m'étais toujours refusé à en commencer une). Et graphiquement, je n'avais pas vu si rageur jusqu'au dernier Thorgal il y a quelques mois (qui a d'énormes problèmes narratifs, qui est aussi volontairement très brouillon mais graphiquement j'ai eu l'impression de lire un croisement entre justement Holy Terror et Prince Valiant, et de la même manière que pour Holy Terror le sentiment que le dessinateur s'est littérallement battu avec sa page, ce qui n'est pas si courant). Je comprend tout à fait qu'on n'adhère pas et encore une fois ce n'est que mon avis mais de l'indéfendable comme ça j'en reprendrais bien tous les jours :)

Philippe Cordier a dit…

Avec le temps je suis devenu plus indulgent sur dk 2 moi aussi (sauf les couleurs) j'ai vraiment du mal sur l'idéologie de holy terror que je n'aurais accepté que s'il avait été fait à chaud après le 11 09. Le dessin est éblouissant par contre et, pour avoir feuilleté le dernier thorgal, je comprends un peu ta comparaison

Aliocha Porta a dit…

Effectivement, ça fait un peu mal au c..oeur. Mais Miller annonçait déjà en 2005 à Will Eisner qu’il était passé volontairement à un style qu’il qualifiait de « cartoon ». Je pense qu’il est tombé depuis DK2 dans sa propre caricature (disproportions, femmes masculines, corps noueux, encrage anguleux entamé avec ses couv’ pour Lone Wolf &Cub). Ca fait vendre et tant mieux pour lui. Je ne sais pas si cette baisse de qualité, qui pour moi a commencé bien avant avec Family Values en 97, est due à un état de santé, son moral ou tout simplement une attitude plus-rien-à-foutre.

Dans ces moments-là, il me suffit de regarder à nouveau sa couverture de Zorro pour Topps Comics pour me dire « A oui d’accord. Il y a eu ce Miller-là. Respect. »

Philippe Cordier a dit…

A boire et a manger. Pour tous les gouts chez ce grand homme là